Le projet

Introduction

  Jeune homme de 24 ans, étudiant à Montluçon, je vais achever en juin 2007 une licence professionnelle de responsable de projet option maîtrise de l’énergie et de l’environnement. J’ai décidé, avant de poursuivre en Master à la rentrée 2008-2009, de réaliser le projet qui me tient à cœur. Depuis toujours je suis attiré par les voyages et tout ce qu’ils impliquent.  En 2002, je suis parti un mois en Cote d’Ivoire dans le cadre d’un chantier humanitaire. En 2003, j’ai également effectué un stage de cinq mois à Madagascar d’où j’ai pu visiter trois pays voisins (Kenya, Tanzanie et Les Comores). L’année dernière, j’ai suspendu mon cursus universitaire pour travailler et voyager en Asie pendant plusieurs mois. J’ai effectué un voyage itinérant de Bangkok à New Delhi, en traversant la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, la Chine, le Tibet (à VTT), le Népal et enfin l’Inde.  Ces expériences de voyages ainsi que ma formation universitaire en environnement m’ont donné l’envie de repartir et de monter le projet que je vous présente dans ce dossier.  Continent seulement entrevu en 2003,  je souhaite à présent découvrir le cœur de l’Afrique en suivant à vélo la piste du développement durable : apprendre sur les savoirs locaux de gestion environnementale et sensibiliser les jeunes (et moins jeunes), en Afrique et en France, aux problématiques environnementales.   Mon projet est donc à la fois environnemental, pédagogique et sportif. L’itinéraire de la traversée de l’Afrique au cours de laquelle se dérouleront ces échanges part du point le plus austral de l’Afrique, le Cap de Bonne Espérance et s’achève, au Nord, au détroit de Gibraltar. En passant par l’Ouest, je traverserai 13 pays et je parcourrai 20 000 km.  Prévue en 10 mois, cette traversée et ce projet nécessitent un budget conséquent, évalué à 9 000 €.

Bon voyage !

LE PROJET 

 

Un défi sportif pour permettre la rencontre

  

Un désir d’apprendre et d’échanger sur la gestion environnementale

  

Une volonté de partager mon expérience en Afrique et en France    

Les objectifs du projet 

 

Selon moi, voyager c’est comme déchirer l’écran de ces rêves pour y rentrer enfin. 

C’est une véritable aventure humaine, enrichissante et formatrice. Ce voyage sera l’occasion de visiter des pays et des villes mythiques qui ont fait l’histoire et la culture de ce continent, mais aussi de partager cette expérience, en Afrique et en France.

Mais il y a le rêve et la réalité, et les problèmes environnementaux sont au cœur de celle-ci. Pour que le rêve soit durable, il faut protéger la réalité. Il faut donc protéger, sans pour autant pétrifier les cultures et les possibilités de développement économique des régions africaines, leur environnement.   Et sur ces questions essentielles, seul l’échange et le débat sont féconds. 

 

Pourquoi ce voyage ? 

 

Un défi sportif pour favoriser la rencontre 

Tout d’abord, je souhaite voyager en VTT car c’est à mon avis, le meilleur moyen de rentrer en contact avec les habitants de chaque pays. L’effort physique impose un certain respect, facilite l’hospitalité et tout simplement déclenche un sentiment de sympathie. J’avoue adorer les défis sportifs et encore plus à VTT. En Tanzanie, une personne m’a dit un jour : "Le temps n’existe pas en Afrique, celui qui est pressé ne peut pas découvrir l’Afrique". Grâce à ce mode de transport, je ne dépends de personne et j’aurai tout mon temps pour pouvoir apprécier la diversité culturelle et physique exceptionnelle que recèle ce magnifique continent. Car il n’y a pas une Afrique mais des Afriques !

En outre, le vélo est un mode de transport non polluant. Et cette question est au cœur de mon projet.

 

Echanger sur l’environnementInventorier les savoirs traditionnels de gestion environnementale             

Avant de vouloir faire des campagnes de sensibilisation environnementale, il est important de comprendre déjà :

Ø      Quels rapports ont les différentes populations africaines avec ces questions

Ø      Comment prennent-elles en charge, localement et traditionnellement, la gestion environnementale.   

Pour que les sociétés africaines, largement rurales, ait pu exister, et parfois dans une nature difficile (déserts, forêts tropicales), il a fallu qu’elles « maitrisent » leur environnement et qu’elles développent des techniques spécifiques pour le conserver et maintenir son équilibre.

Or la mondialisation, la pression foncière, le départ des jeunes en ville, l’introduction de nouvelles cultures économiquement plus compétitives mais aussi plus prédatrices, ont pesé sur cet équilibre. Le but de mon projet est d’inventorier ces techniques et savoirs locaux de gestion de l’environnement : ceux du passé et ceux du présent (c'est-à-dire ceux développés pour faire face aux modifications consécutives à la mondialisation). Il s’agira également d’identifier la façon dont la mondialisation pèse sur l’équilibre environnemental.

 

Connaître les nouvelles technologies utilisées en Afrique           

Je suis également passionné par les nouvelles technologies utilisées en matière d’énergie dans les pays du Sud et de manière générale par toutes les techniques ayant un rapport avec le développement durable. Je me documenterai également sur les techniques existantes en matière de potabilisation de l’eau à grande, moyenne et petite échelles. D’une manière générale, je désire comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et comprendre les raisons de ces disfonctionnements. En mettant en perspective ces fonctionnements/dysfonctionnements grâce à une approche comparative que permet ma traversée de l’Afrique, on peut isoler plus aisément les facteurs explicatifs.

Le sens de mon projet est bien celui-ci : découvrir en m’appuyant sur mon expérience, d’abord théorique grâce à mes lectures et ma formation universitaire, mais aussi et surtout pratique et concrète, grâce à ce que j’aurai pu observer et percevoir.             

En outre, au cours de mon itinéraire, je souhaite pouvoir transmettre ce que j’aurai progressivement appris des techniques locales, afin d’engager des discussions sur ces thématiques et permettre la circulation des savoirs africains.  

Sensibiliser à l’utilisation des panneaux solaires

Lors de mon voyage au  Népal, j’ai travaillé comme bénévole dans une ONG environnementale (ECCA). Celle-ci avait gagné en 2004, le prix de la Banque Mondiale de Développement grâce à la promotion d’un prototype de panneaux solaires en milieu rural et son financement par micro-crédits. Il se substitue aux traditionnelles lampes à pétrole et fournit l’électricité pour les petites radios. J’ai acheté un de ces kits solaires et je compte le présenter pour faire la démonstration de l’efficacité de cette technique dans les villages et villes que je vais traverser. J’en profiterai également pour faire de la sensibilisation sur les problématiques environnementales. Le but est d’amorcer une réflexion sur ces problèmes et de voir comment les villageois peuvent tous les jours économiser de l’énergie et donc de l’argent tout en préservant leur patrimoine naturel. Je n’ai vraiment pas l’ambition de changer le monde. Mais je pense que présenter certaines techniques peut être bénéfiques et qu’il est important de pouvoir communiquer sur elles.  

 

Ce projet s’inscrit également en parfaite cohérence dans mon parcours professionnel.

Comme je l’ai dit précédemment, je suis étudiant dans les énergies renouvelables et l’énergie dans les pays du Sud est une question qui me passionne. Je ne sais pas encore quel métier je veux faire plus tard, mais il est certain qu'il sera articulé autour de cette problématique.

 

Faire partager mes expériences : créer un lien entre l’Afrique et la France

 

Un projet pédagogique avec un collège et une école  J’ai noué un partenariat avec le collège de Bissy de la commune de Chambéry, et plus particulièrement avec une classe de 5 ème et de 4ème et ses enseignants.  Les collégiens suivront mon parcours à travers leurs différentes matières. Avant mon départ, à la rentrée des classes,  je leur ai présenté mon projet et mon parcours. Au cours de ma traversée, j’enverrai chaque mois par email un rapport et des photographies qui alimenteront certains aspects abordés dans leur programme. En géographie, ils étudieront certains des pays traversés. En Science et Vie de la Terre, ils évoqueront les problèmes du réchauffement climatique et les conséquences directes sur la planète, en s’appuyant sur certaines de mes expériences. En Technologie, l’excellent professeur Okon prévoit de lancer la classe sur la construction d’un four solaire. Il est également envisagé une visite à l’ASDER (Association Savoyarde Des Energies Renouvelables qui est le relais de l’ADEME en Savoie, c’est un espace info énergie) pour que les élèves puissent voir un bâtiment autonome énergétiquement. 

Un partenariat plus souple est également prévu avec une classe de CM2 de l’école primaire Jacques Prévert à Bissy sur la commune de Chambéry, où tous les mois, grâce aux emails que je dois envoyer aux enseignants, les élèves pourront suivre mon parcours. L’accent sera mis sur la protection de la nature mais également sur la diversité culturelle. Une façon ludique de découvrir le continent africain.

A mon retour, je viendrais témoigner de mon expérience, notamment en m’appuyant sur un diaporama et sur l’enregistrement de certains entretiens, que je présenterai en milieu scolaire (l’école Jacques Prévert et le collège de Bissy ) et dans les bureaux des entreprises parenaires (Sirop Routin, Aster Alpes...)  

 

 Le projet : Aspects techniques et logistiques

 

Le vélo

 Outil et compagnon essentiel de ce voyage, le vélo tout terrain que j’achèterai à mon arrivée en Afrique du Sud se doit d’être parfaitement adapté au parcours prévu. Je compte investir environ 300 € dans ce VTT.  Il doit être facilement réparable par moi. Par exemple, pas de frein à disque et un système de vitesse pas trop compliqué. - Le poids est un critère également essentiel. . - Je partirai avec deux jeux de pneus : des lisses pour le goudron et les bonnes pistes et des pneus avec des crampons lorsque la piste sera mauvaise.  Pour le transport de mes affaires personnelles, et notamment des réserves d’eau essentielles dans les zones désertiques, j’opterai pour l’achat d’une petite remorque et d’un jeu de sacoches fixables à l’arrière.  L’hébergement Dans ce souci de privilégier la rencontre et les contacts, je souhaite pouvoir du mieux possible m’intégrer dans les communautés rencontrées, tout en évitant de peser sur celles-ci et en me permettant de garder la possibilité de mon autonomie. Dans les villages abordés, je solliciterai l’autorisation du chef de village ou de quartier pour installer ma tente, qui me rend autonome au niveau de l’hébergement. D’expérience, je sais que je serai régulièrement invité dans les maisons mais je ne veux pas devoir compter toujours sur cette hospitalité qui fait une des richesses humaines de l’Afrique. 

 

Conclusion

             « Le monde est un livre dont chaque pas nous ouvre une page » a écrit le poète Lamartine. Je suis impatient de me plonger, pas à pas, dans ce livre et de vous le raconter. Car pour moi la meilleure façon de le vivre est aussi de le faire vivre aux autres, notamment en témoignant. Ce voyage sera celui qui raconte l’Afrique par le filtre de l’effort physique, de l’environnement et du développement durable. Il sera celui de l’échange et de la découverte, du débat et de la sape des idées préconçues, autant sur l’environnement que sur les cultures africaines.  En partant pendant 10 mois à vélo sur les traces des savoirs africains de gestion de l’environnement, en tentant d’y laisser une trace de ce que j’ai pu apprendre, au Népal, en France grâce à ma formation universitaire et à mes activités écologiques, je veux participer au mouvement de conscientisation et d’apprentissage nécessaire à la sauvegarde du continent africain et, plus globalement, de la planète. Je veux contredire, à ma façon, cette immobilisme dénoncé par Nicolas Hulot : « Chaque jour que nous cédons au scepticisme ou à l’immobilisme nous rapproche un peu plus de l’impasse planétaire ».   J’espère vous avoir convaincu de l’intérêt que représente pour moi la réalisation de ce projet et du sérieux de celui-ci. NICOLAS CHARBONNEAU